Derrière les mots…

Les concepts sont toujours relatifs à la situation dans laquelle on les emploie. La relation à quelques concepts que nous explorons ne va pas de soi. C’est ici donc que nous précisons ce qu’il y a derrière quelques mots…

Recherche action

Voilà un sujet qui mérite qu’on y prête attention ! C’est comme un laboratoire expérimental où se rencontrent la théorie et la pratique, où l’on tente de conjuguer la pensée et l’action dans une démarche résolument transformative.

La recherche-action n’est pas synonyme d’une méthode déterminée, il « s’agit de recherches dans lesquelles il y a une action délibérée de transformation de la réalité ; recherches ayant un double objectif : transformer la réalité et produire des connaissances concernant ces transformations ».

Quelle est donc cette relation particulière entre la recherche-action et l’économie sociale ? Le lien entre recherche action et économie sociale est évident sur les points communs dans les principes, la posture, le cadre idéologique.
Dans la recherche-action, la posture est coopérative : elle se base sur un principe d’égalité, de réciprocité, mêmes valeurs défendues par l’économie sociale. La recherche action c’est par, pour et avec. Il n’y a pas de posture de dominant.

La recherche-action poursuit conjointement deux objectifs : de la production de connaissances et un changement de la réalité par l’action. C’est un véritable laboratoire vivant, où l’on expérimente de nouvelles formes d’organisation et de mobilisation pour faire émerger de nouvelles réalités.

La recherche-action est une articulation de la recherche et de l’action comme pratique sociale, « une action volontaire de transformation du champ social, d’abord imaginée et projetée, puis réalisée, généralement instituée, et enfin réfléchie »

Jean-François Draperi, CESTES, CNAM, Paris

Ruptures

Ici la rupture est regardée comme l’arrêt d’une continuité dans le parcours professionnel. Une étape de vie, choisie ou subie. Nous pouvons citer à titre d’exemple :

  • la parentalité
  • l’épuisement professionnel
  • la formation
  • un projet personnel qui éloigne de l’activité (voyage, construction d’une maison)…
  • accompagnement de personne (aidant.e.)
  • longue maladie

Émancipation

L’émancipation est placée comme finalité de l’Économie Sociale et Solidaire.

« l’émancipation ou l’épanouissement social, culturel et économique de ses membres »

J-F Draperi, 2014

Au-delà de l’Économie Sociale et Solidaire, la CAE prône une visée autonomisante (accéder à une autonomie de choix et de décision).  Il est ici question de s’affranchir d’une autorité, d’une domination : symbole politique de l’ESS et des coopératives.
Au-delà des notions de valeur qu’elle représente, l’émancipation est un processus en étapes qui s’inscrit dans la durée et qui doit être accompagné, un projet collectif : on ne s’émancipe pas tout seul, socle du  monde coopératif. Ici, l’émancipation recouvre des notions proches de ce que pourrait être une vie décente, une vie digne.

Santé

La santé comme modèle de développement
Nous voyons une proximité conceptuelle entre santé et émancipation dans le milieu coopératif.
L’OMS définit la santé comme :

« un état de complet bien-être physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

La santé est ainsi prise en compte dans sa globalité. Elle est associée à la notion de bien-être. Tournée vers la qualité de la vie, la santé devient la mesure dans laquelle un groupe ou un individu peut d’une part réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins, et d’autre part s’adapter à celui-ci. (Préambule à la Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé, tel qu’adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19-22 juin 1946 – Charte d’Ottawa du 21 novembre 1986).

Rapport au travail

Nous entendons ici par rapport au travail ;

De manière individuelle :

  • le sens accordé à l’activité et les attentes qui y sont associées,
  • les conditions de réalisation de l’activité,
  • le niveau d’engagement des individus,

Le rapport au travail n’est pas linéaire, il évolue dans le temps.

De manière collective :

  • la mise en débat collective pour l’identification de ce qui permet l’émancipation individuelle et collective
  • les moyens mis en œuvre dans l’organisation de l’activité
  • la norme implicite associée
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