Partis pris

La place de l’emploi

Comme chercheur.es praticien.nes, nous sommes convaincu.es depuis longtemps du lien entre développement de la santé et la place occupée par l’emploi. Le surtravail ou surengagement impliquent potentiellement une dégradation de la santé à moyen terme. Ces conduites sociales sont guidées par un socle culturel et partagé autour de la valeur travail et de la centralité de l’emploi. (cf la figure archétypale de l’entrepreneur.e). A partir de là, comment remettre le travail à sa juste place ? La question sous-jacente revient à comment maîtriser au mieux ses différents temps de vie voire son rapport au temps ? Nous sommes convaincu.es que les coopératives ont un rôle sociétal à jouer pour déplacer ces normes. Dans les pratiques, ces évolutions contribueraient à diminuer le turn over constaté chez les entrepreneur.e.es-salarié.es.

Une Recherche-Action

Cette démarche a pour objet de regarder l’émancipation des travailleurs autonomes sous l’angle de la sécurisation des parcours en situation de rupture (choisie ou subie).
Le protocole s’inscrit dans la tradition de la recherche-action, l’une des marques de fabrique de la Manufacture coopérative dont nous sommes associé.e.s.
Une des particularités de ce dispositif est non pas d’expérimenter sur des publics, mais d’expérimenter avec. Cette démarche de production de savoir avec les populations concernées nous apparaît essentielle dans la construction d’un savoir pour l’action, avec les personnes impliquées et non à distance des populations « traitées ».
Cette exigence nécessite et vise l’implication des entrepreneur.es et des structures mutualisées.
Sous un autre angle, le dispositif ici choisi (entretiens qualitatifs + questionnaire) est à considérer comme une action d’enquête conscientisante.
Ces modalités cumulées favoriseront l’intégration des résultats (co-construits) dans le milieu et son potentiel de transformation.
L’attelage des porteurs du projet reflète cette intrication avec le milieu des CAE (à la fondation d’une structure coopérative pour l’une, ESA pour l’autre puis membre d’une équipe mutualisée pour aller vers l’aventure entreprenariale collective).
Ce double regard et les allers retours entre les postures favorisent l’intégration des besoins, envies et contraintes spécifiques à chaque rôle coopératif (entrepreneur.e, salarié.e, associé.e, membre structure…).
Pour la bonne marche de cette recherche-action, il nous faut donc la faire connaitre dans le milieu , qu’elle s’y déploie pour identifier les besoins en terme de sécurisation et modéliser les réponses coopératives apportées ou à apporter.

Les entrepreneur.es-salarié.es au cœur de la démarche

Une caractéristique propre à notre modernité est cette pression temporelle qui s’exerce sur les trajectoires de vies, également sur les structures institutionnelles et sociales qui changent et s’adaptent sans cesse. Dans ce contexte volatile, les besoins des entrepreneur.es-salarié.es évoluent aussi. Dans le cadre de cette recherche-action, les entrepreneur.es-salarié.es sont considéré.es comme les premier.es participant.es et bénéficiaires de la recherche-action. Ils sont à la fois coopérateurs participant.es et entrepreneur.e.s acteur.es.

La place de la création

Par le biais de la création , l’intention est d’ouvrir les champs de questionnement et d’animer la prospective. La pratique artistique joue un rôle de catalyseur pour imaginer et esquisser des solutions concrètes et un avenir désirable. Penser les solutions des problématiques des travailleur·euses autonomes, c’est avoir une discussion plus globale sur les représentations socio-politiques autour du rapport au travail et sa place dans nos vies.