Méthodologie

Le champ d’étude est limitatif aux coopératives dont l’objet est l’accueil, l’accompagnement de travailleur.es autonomes. Ce choix est fait dans le but d’aborder la question des coopératives, non pas sous l’angle des statuts mais sous celui du rapport au travail.
La population concernée par ce travail de recherche-action est celle de travailleur.es s’attachant à créer leurs emplois dans un cadre d’économie sociale. 
Pour regarder les conditions d’accompagnement proposées par les coopératives, nous pourrons être amenés à aller questionner également des membres d’équipes mutualisées.
Par ailleurs, les acteur.es e seront attentifs à conserver un cadre d’indépendance dans le cadre de ce travail : pour la bonne réalisation de cette démarche, l’implication des coopératives ou des acteurs institutionnels coopératifs ne peuvent influer sur le positionnement de la recherche et de son indépendance.  

Entretiens exploratoires

Avant de lancer la démarche dans le milieu de manière large, nous avons commencé par une phase de test auprès d’un panel de répondant.e.s pour tester la méthode exploratoire. (voir l’appel à témoignages) Ces entretiens permettent d’explorer la thématique de manière large auprès de divers publics: entrepreneur.e.s, chargé.e.s d’accompagnement…

Cette première étape servira de base à la construction de la méthodologie suivante :

Un questionnaire comme base ressources

Un questionnaire à destination des travailleur.e.s autonomes, entrepreneur.e.s salarié.e.s à la fois :
• Base de données statistiques quantifiable pour l’analyse
• Ressources en verbatim de vécus, exploitable pour le contenu direct

D’ici fin mai 2022, le questionnaire sera ouvert.

Une enquête qualitative

Nous proposons des entretiens semi-directifs en face à face ou en visio pour se raconter : les projections du parcours entrepreneurial au démarrage, les écarts et confrontations avec le réel, les imaginaires vérifiés ou non de l’accompagnement coopératif, les types de rupture, les modalités, les raisons, en quoi elles ont été accompagnées… et bien sûr penser l’action, les remédiations individuelles et collectives.
Nous travaillons ici sur la force du témoignage et recherchons une approche sensible. Cette enquête qualitative n’est pas statistique, et forcément subjective. C’est par cette approche que nous travaillerons l’ouvrage sensible et pourrons à travers la force du témoignage inviter les lecteurs à l’identification, voire à l’émotion favorisant les réflexions collectives. 

Une université éphémère

L’université éphémère comme porte d’entrée. Forts de l’expérience de la Manufacture Coopérative sur l’organisation des universités éphémères, nous proposons un temps de travail collectif des personnes impliquées ou intéressées par le sujet. La démarche que nous proposons vise d’un certain point de vue à subvertir des cadres existants, pour imaginer des solutions concrètes aux ruptures de parcours dans une dynamique politique des mutuelles de travail. Les enjeux de mutualisation nous paraissent centraux et peuvent être l’objet d’expérimentations. L’objet est de nous donner la possibilité de mener à bien des expérimentations concrètes, avec les acteurs eux-mêmes, pour continuer à “faire société”.

Données économiques et sociales des coopératives

Les données économiques et sociales des coopératives peuvent nous renseigner sur des critères et indicateurs (occurrence d’interruption de l’activité, nombre d’arrêts maladies, leurs durées, l’effet sur la rémunération…) Leur extraction renseignerait potentiellement  sur les situations rencontrées dans les coopératives. Ce préalable quantitatif s’inscrit dans un considération plus large: la mesure induit-elle les comportements.  Cette étape est une possibilité qui s’activera en fonction du niveau d’implication et des capacités des coopératives à donner accès à ces bases de données.

Un comité de suivi           

L’objet de la recherche-action n’est pas uniquement un travail analytique. Il s’agit de l’ancrer dans une pratique avec les acteur.trices. C’est la raison pour laquelle nous proposons le suivi de la démarche par un comité de suivi constitué d’acteur.trices coopératifs. Sa fonction est évidemment de permettre aux acteur.es chercheur.es un recul sur le processus de recherche et sur l’avancée des travaux, mais aussi d’avoir un rôle consultatif sur les propositions d’orientations. Enfin, travailler de manière régulière avec un collectif de ce type, vient nourrir et qualifier les hypothèses de départ.